Presse Agrume

Pirates of Silicon Valley

janvier 2, 2009 par Julien  
Catégorie Cinéma

J’ai récemment eu le plaisir de voir “Pirates of Silicon Valley”, excellent téléfilm américain de 1999 qui décrit l’histoire d’Apple et Microsoft entre les années 70 et 90.

Ce téléfilm, relativement peu connu en France, retranscrit de façon assez fidèle comment Bill Gates et Steve Jobs ont réussis à amener l’informatique dans les foyers et comment les dirigeants d’IBM, Xerox, et Hewlett Packard ont laissés passer la manne fantastique de l’ordinateur personnel.

Des moments historiques de la micro-informatique sont fidèlement mis en scène : IBM qui accepte de payer une licence d’exploitation du futur DOS de Microsoft que ces derniers ne possèdent pas encore mais rachèteront une bouché de pain quelques jours plus tard, les dirigeants de Xerox qui se passent de mains en mains une des premières souris avec un air dubitatif*, ou encore ceux d’Hewlett qui ne voient pas le potentiel des premières machines d’Apple.

Autant qu’un film, “Pirate of Silicon Valley” est un documentaire. Un documentaire passionnant.

*Le cas de Xerox est un peut plus complexe en réalité. Les premières ébauches d’interface graphique viennent du Stanford Research Institute. Ce n’est que deux ans plus tard que les ingénieurs de Xerox au courant de ces travaux mettront au point leur interface, qui n’aura malheureusement pas le succès mérité. Mais les dirigeants de Xerox n’étaient pas à l’époque à une bourde prêt : en 1982 John Warnock et Chuck Geschke développeront chez eux un langage de description pour imprimante qui ne recevra aucune attention de la boite. Il démissionneront pour fonder leur propre entreprise, une certaine Adobe.

Je ne résiste pas au plaisir de terminer ce post par quelques images d’époque :

Bill Gates

Bill Gates et la conduite automobile.

Xerox en avance sur son temps

Xerox en avance sur son temps.

Microsoft au complet en 1978

Microsoft au complet en 1978, l'entreprise s'est un peu agrandi depuis.

L’argument diagonal de Cantor

novembre 23, 2008 par Julien  
Catégorie Mathématiques

Dans l’article sur l’hypothèse du continu nous avons brièvement présenté l’argument diagonal dans une version assez peu intuitive.

Pour rappel :

considérons une liste infini de nombres entre 0 et 1. La question étant, cette liste peut-elle contenir tout les réels ? La réponse étant évidement non.
En effet, raisonnons par l’absurde, et supposons que oui. Notons A(n) le n-iéme nombre, et Φn(m) la m-iéme décimale de A(n). Soit β le nombre dont la n-iéme décimale soit égale à 1 – Φn(n). Si ce nombre était dans la liste il existerait un entier K tel que quel que soit n, 1 – Φn(n) = Φk(n). En prenant n = K, on obtient 1 = 2Φk(K), donc 1 est un nombre pair. Ce qui est absurde. Donc ce nombre ne peut être dans la liste.

Nous allons ici en présenter une version identique sur le fond, mais certainement plus claire :

- Nous voulons prouver que l’ensemble des réels n’est pas dénombrable. C’est à dire qu’on ne peut dresser une liste infini de nombre qui les contiennent tous. Nous allons réaliser cette démonstration sur un sous ensemble de R, celui de tous les réels compris entre 0 et 1. En effet, si ce sous ensemble n’est pas dénombrable, il est évident que l’ensemble complet ne l’est pas non plus.

Supposons dressé une telle liste :
L’ordre des nombres de cette liste n’a aucune importance, le raisonnement qui va suivre étant valable pour toute liste infini de réels indexée par des entiers.

1. 0,73627477283883…
2. 0,87824246287462…
3. 0,79872772362783…
4. 0,12238382897894…
5. 0,23889746726784…
6. 0,43984928478479…
7. 0,03982874874746…

En prenant le premier chiffre du premier réel de notre liste, puis le second chiffre du second réel, et ainsi de suite, nous formons le nombre réel suivant 0,7783997…

Maintenant considérons un nombre ou chaque n-ième terme après le zero diffère du n-ième terme de notre nombre de référence. Ex : 0,8894008… Ce nombre est bien un réel. Il doit donc avoir une position dans notre liste. Soit N l’entier qui désigne cette position.

Nous voyons bien que l’existence de ce nombre à la position N est impossible. Son N-ième chiffre doit être par construction différent de lui même, ce qui est absurde.

Conclusion : tous les nombres réels ne peuvent être listé par une liste d’entier, fusse-t-elle infini.

J’admets volontiers qu’à première lecture cette démonstration puisse laisser circonspect. Pourtant elle est tout ce qu’il y a de plus rigoureux et logique. Elle laisse pourtant une impression étrange. Peut-être ne nous attendions pas à ce qu’une liste infini ne puisse tout contenir.

Les implications de cet argument sont énormes. Mais nous aurons peut-être l’occasion d’en discuter une prochaine fois. En attendant je vous invite à consulter l’article de Wikipedia pour approfondir le sujet.

Audition

novembre 22, 2008 par Julien  
Catégorie Cinéma

Mes dix films préférés (3).

Mes 10 films préférés, parmi des centaines de chefs d’œuvres. Comme tout classement celui-ci n’est pas parfait, et j’ai été contraint de laisser en chemin d’excellents films comme : Matrix, Leon, American history X, Darkcity, Blade runner, Rounders, La ligne verte, Heat, Million dollar baby… Mais il reflète au moins un peu mes gouts en la matière.

En 8ème place donc : audition.

Synopsis
Aoyama, 42 ans, est producteur de films. Sa femme est décédée il y a sept ans, mais il vit toujours sa disparition avec difficulté.
Un jour, suivant les conseils d’un vieil ami, Yasuhisa Yoshikawa, il décide de se remarier et organise une audition pour une série télévisée fictive afin de trouver sa nouvelle compagne parmi les candidates. La dernière à se présenter, Yamazaki Asami, est une jeune femme d’une troublante beauté. Aoyama en tombe instantanément amoureux. Il la rappelle et dîne en tête à tête avec elle.
Quelques jours plus tard, Aoyama lui téléphone à nouveau. Yamazaki est chez elle, prostrée dans l’obscurité. Elle est seule ou presque. Commence alors pour Aoyama une plongée vertigineuse dans un enfer sanglant, dont les retombées seront excessivement douloureuses.

Une réalisation réussie, certes, mais ce n’est pas le caractère le plus intéressant du film. Il est difficile de ressortir totalement indemne de ce film. Takashi Miike éveille de nombreuses questions auxquelles il ne répond pas. Ce qui est habituellement gênant, s’ajoute ici au sentiment de malaise certainement voulu. Un film qui se démarque dans son objectif du cinéma traditionnel : le but n’est plus ici de raconter une histoire, mais de créer une tension à la limite de la sensation physique. But que le réalisateur atteint admirablement.

film audition

film audition

Old Boy

novembre 8, 2008 par Julien  
Catégorie Cinéma

Mes dix films préférés (2).

Mes 10 films préférés, parmi des centaines de chefs d’œuvres. Comme tout classement celui-ci n’est pas parfait, et j’ai été contraint de laisser en chemin d’excellents films comme : Matrix, Leon, American history X, Darkcity, Blade runner, Rounders, La ligne verte, Heat, Million dollar baby… Mais il reflète au moins un peu mes gouts en la matière.

En 9ème place donc : old boy.

Synopsis
A la fin des années 80, Oh Dae-Soo, père de famille sans histoire, est enlevé un jour devant chez lui. Séquéstré pendant plusieurs années dans une cellule privée, son seul lien avec l’extérieur est une télévision. Par le biais de cette télévision, il apprend le meutre de sa femme, meurtre dont il est le principal suspect. Au désespoir d’être séquestré sans raison apparente succède alors chez le héros une rage intérieure vengeresse qui lui permet de survivre. Il est relâché 15 ans plus tard, toujours sans explication. Oh Dae-Soo est alors contacté par celui qui semble être le responsable de ses malheurs, qui lui propose de découvrir qui l’a enlevé et pourquoi. Le cauchemar continue pour le héros.

Une histoire prenante, magistralement interprétée, et réalisé par un Park Chan-wook au meilleur de sa forme. Chaque minute du film est un bijou de réalisation, et l’histoire ne laissera personne indifférent. Grand prix du jury 2004 du festival de canne, ce film est un véritable chef d’œuvre.

Douze hommes en colère

novembre 2, 2008 par Julien  
Catégorie Cinéma

Mes dix films préférés (1).

Mes 10 films préférés, parmi des centaines de chefs d’œuvres. Comme tout classement celui-ci n’est pas parfait, et j’ai été contraint de laisser en chemin d’excellents films comme : Matrix, Leon, American history X, Darkcity, Blade runner, Rounders, La ligne verte, Heat, Million dollar baby… Mais il reflète au moins un peu mes gouts en la matière.

En 10ème place donc : douze hommes en colère.

Synopsis
Un jeune homme, portoricain d’origine modeste, est accusé du meurtre de son père et risque la peine de mort. Le jury, composé de douze hommes, se retire pour délibérer et procède immédiatement à un vote : onze votent coupable, or la décision doit être prise à l’unanimité. Le juré n°8 (Henry Fonda) qui a voté non-coupable, sommé de se justifier, explique qu’il a un doute et que la vie d’un homme mérite quelques heures de discussion.

J’ai découvert ce film à la télé (quand je la regardais encore), il y a de nombreuses années, tout à fait par hasard. J’ai de suite été happé par la qualité des dialogues et l’atmosphère qui s’en dégageait. Sans conteste, un très grand film.

L’hypothèse du continu

octobre 26, 2008 par Julien  
Catégorie Mathématiques

Certainement l’une des plus belles conjectures des mathématiques, l’hypothèse du continu constitue un défi à l’entendement humain. Formulé par Cantor, elle énonce l’égalité entre ℵc et ℵ1. Essayons de voir ce que cela veut dire.

Présentation de l’hypothèse du continu
La théorie des ensembles, dont les fondements sont l’œuvre de Greg Cantor, considère l’existence d’ensembles pouvant contenir une infinité d’éléments, comme les exemples particuliers que sont N, Q et R. Une des caractéristique essentielle de tout ensemble, est l’existence d’un cardinal qui lui est rattaché. Le cardinal d’un ensemble est défini comme le nombre d’éléments que cet ensemble contient. Par exemple, l’ensemble des entiers de 1 à 10 a pour cardinal 10. Si la notion de cardinal est simple concernant les ensembles finis, elle se laisse plus difficilement apprivoiser dans le cas d’ensembles plus grands que tout ensemble fini, c’est à dire possédant une infinité d’éléments.

Les travaux de Greg Cantor apportent les outils nécessaires pour maitriser de tels ensembles. Il démontre notamment que :
- Deux ensembles équipotents ont même cardinal. Ainsi, si à tout élément d’un ensemble A, je peux associer un élément d’un ensemble B, et réciproquement, alors A et B ont même cardinal.
- Le cardinal de l’ensemble des parties d’un ensemble E, est strictement supérieur au cardinal de E. Ce résultat évident concernant les ensembles finis, ne l’était pas forcement pour ce qui est des ensembles infinis. On aurait pu par exemple penser que tout ensemble infini était équipotent à tout autre ensemble infini, et avait donc même cardinal comme cela peut être le cas entre N et Q. Ceci est faux, et Card{P(E)} > Card{E}.
- Le cardinal de l’ensemble des réels R est identique à celui de l’ensemble des parties de l’ensemble des entiers N.

Un des résultats les plus célèbre de Cantor, est la démonstration du caractère indénombrable de l’ensemble des réels R. L’adjectif indénombrable est couramment utilisé pour signifier qu’un ensemble, ici R, ne peut pas être dénombré par l’ensemble des entiers naturel, ou tout autre ensemble dénombrable. Autrement dit, un ensemble est indénombrable si aucune correspondance biunivoque ne peut être établie entre cet ensemble, et l’ensemble ou une partie des entiers naturels, donc si son cardinal est supérieur au cardinal de N. Il va de soit que ceci est évident à la vue des résultats présentés au dessus. En effet, si Card{R} = Card{P(N)}, puisque Card{P(N)} est nécessairement supérieur à Card{N}, alors Card{R} est supérieur à Card{N}. Mais la démonstration initialement utilisé par Cantor est particulièrement intéressante, du fait qu’elle constitue le premier usage de l’argument diagonal qui sera ensuite reprit sous diverses formes par Russell, Gödel ou Turing.

Pour présenter brièvement l’argument diagonal, il nous suffit de considérer une liste infini de nombres entre 0 et 1. La question étant, cette liste peut-elle contenir tout les réels ? La réponse étant évidement non.
En effet, raisonnons par l’absurde, et supposons que oui. Notons A(n) le n-iéme nombre, et Φn(m) la m-iéme décimale de A(n). Soit β le nombre dont la n-iéme décimale soit égale à 1 – Φn(n). Si ce nombre était dans la liste il existerait un entier K tel que quel que soit n, 1 – Φn(n) = Φk(n). En prenant n = K, on obtient 1 = 2Φk(K), donc 1 est un nombre pair. Ce qui est absurde. Donc ce nombre ne peut être dans la liste.

Nous savons donc à ce stade, qu’il existe des cardinaux finis (1, 2, 3, 4, …) et des cardinaux infinis, puisque Card{P(E)} > Card{E}, même pour des ensembles infinis. On considère alors l’ensemble des cardinaux infinis. On nomme ℵ0 (prononcer aleph-zero) le premier d’entre eux, ℵ1 le second, et ainsi de suite. On associe a N le cardinal ℵ0.

P(N) ou R, on un cardinal infini, supérieur à celui de N, donc supérieur à ℵ0, on note à ce stade ℵc le cardinal de R, ℵc étant nommé le cardinal du continu. Tout le problème se pose alors de savoir ou se situe ℵc dans l’échelle des cardinaux infinis.

Intuitivement, il est tentant de croire que ℵc = ℵ1, ℵc étant le cardinal de l’ensemble de parties de N, c’est le premier cardinal infini supérieur à Card{N} qu’on rencontre et qu’on connaisse. Et cette égalité, est connue sous le nom d’hypothèse du continu. Pourtant, rien n’indique objectivement que cette intuition soit la bonne. En effet, rien ne prouve qu’il n’existe pas de cardinaux intermédiaire pouvant être associer à des ensembles compris entre N et P(N), comme cela est déjà le cas pour les cardinaux finis. Soit E(3) un ensemble de cardinal 3, Card{P(E(3))} = 2 puissance 3, soit 8, et non 4.

La question de l’égalité entre ℵc et ℵ1 constitue l’hypothèse du continu. Mais à ce stade rien n’indique la non existence d’ensembles de cardinaux intermédiaires entre N et P(N).

Statut de la conjecture
Si l’hypothèse du continu n’a pas grand intérêt pratique, elle se place néanmoins au cœur des fondements même de la théorie usuelle des ensembles, socle des mathématiques modernes, à tel point qu’un des plus grand mathématiciens de l’histoire, Hilbert, a qui on doit notamment des espaces vectoriels particuliers qui portent son nom, ou la première formulation de l’équation d’Einstein en relativité générale, quand il dressa une liste des principaux problèmes mathématiques de son époque, parmi lesquels la conjecture de Riemann, ou le problème de la décision, plaça l’hypothèse du continu en première position.

Aujourd’hui, beaucoup considèrent ce problème comme résolu. En effet, Gödel d’une part, et Cohen, ont démontrés l’indépendance de l’hypothèse du continu vis-à-vis de la théorie des ensemble. Autrement dit, l’hypothèse du continu est un indécidable de ZFC, elle n’est pas démontrable en utilisant les axiomes admis de la théorie des ensembles.

Mais l’histoire s’arrête-t-elle à ce point ?
Gödel le premier pensait que non. En effet, les termes de la notion d’ensemble sont déterminés à l’origine, avant même que les axiomes ne soient posés. Les axiomes restreignent le champs de la notion d’ensemble, et dans l’absolu l’hypothèse du continu est nécessairement vrai ou fausse. Un parallèle avec le théorème de Gödel est facile. Dans ce dernier, Gödel exhibe une proposition qui affirme sa non décidabilité, et s’il est vrai qu’un indécidable de Gödel est non démontrable dans le système axiomatique considéré, il n’en est pas moins vrai en dehors. La proposition : je suis indécidable est vrai hors du système considéré.

Conclusion
Nous venons ici de jeter un premier regard sur la beauté de cette entité mathématique qu’est l’univers des réels. Je reviendrais probablement dans un autre article préciser le fonctionnement précis de l’argument diagonal qui mérite un développement plus important que le petit encart que je lui ai réservé. Si j’ai le temps, je préciserais également plusieurs choses sur ces mystérieux alephs.

Tonnerre sous les tropiques

octobre 25, 2008 par Julien  
Catégorie Cinéma

Synopis
Un casting d’enfer pour un voyage… au bout de l’enfer ! En tête d’affiche : Tugg Speedman, la star du film d’action, en chute libre depuis ses trois derniers navets. A ses côtés : Jeff Portnoy, spécialiste des comédies (très) bas de gamme, avide de prouver ses qualités de comédien ; Kirk Lazarus, acteur “Méthode” multi-recompensé et 100 % givré ; Chino, superstar pop et fan d’Al Pacino ; et Kevin Sandusky, le fringant petit jeune tout heureux de faire partie de la bande. Cinq egos surdimensionnés au service du “plus grand film de guerre de tous les temps”. Sur le papier, ça se tient (ou presque), mais sur le tournage tout dérape : les caprices des stars et l’incapacité du réalisateur, Damien Cockburn, font grimper les frais à une allure vertigineuse, au point que le studio décide de tout arrêter… C’est alors que Damien a l’idée “géniale” d’entraîner sa petite troupe au coeur du Triangle d’Or pour une expérience de “cinéma-vérité” d’un genre inédit. Mortel…

Mon avis
Amateur d’humour subtil passez votre chemin. Si ce n’est certainement pas le film de l’année, tonnerre sous les tropiques tient au moins ses promesses : nous faire rire. Les acteurs sont excellents, notamment Ben Stiller, et un Tom Cruise méconnaissable.

Asseyez vous, poser votre cerveau sur vos genoux, vous devriez passer un bon moment.